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Guide pratique du tourisme équestre en Alsace

Guide pratique du tourisme équestre en Alsace 2017
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Observatoire socio-économique du tourisme équestre en Alsace

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Carte des circuits de randonnée équestre en Alsace:

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Infos diverses

Le voyage de Romane, de l’Alsace au Portugal, Lettre n°40

du 8 au 18 mars

-     Samedi 8 mars

 

A prêter une plus grande attention avec Philou et Pequeno je sens que nos liens se renforcent et mon amour pour eux grandit un peu plus chaque jour, je prends plaisir à grimper à cru sur le fier pégase blanc pour le ramener à vive allure au campement. Puis je fais de même avec chaque cheval tour à tour par pur amusement ! Nous faisons d’amples détours toute la matinée pour éviter une nationale trop fréquentée. A midi, nous dénichons un petit coin de paradis où nous sommes tentés de rester quelques jours, une rivière ornée d’un drap de fleurs blanches serpente entre d’imposants rochers.

De plus, il y pousse de l’herbe à profusion et l’endroit est délicieusement sauvage ; nous emménageons.

Nous profitons de l’eau claire pour le bain et la lessive puis du soleil pour se plonger dans la poésie ou l’écriture. Benoit se sent de moins en moins en forme à cause de maux de ventre et de tête.

 

 

-     Dimanche 9 mars

 

Ben a eu de grosses montées de fièvre pendant la nuit et ne se sent pas capable ni de se lever ni de manger quoi que ce soit, je lui prépare mes remèdes de sorcière dans de l’infusion de Thym que nous avions récolté en chemin.

Le miel, les huiles essentielles et le concentré de pépins de pamplemousse provoquent bien moins de réticence que le verre d’argile que je l’encourage à boire… pour être bien sûr que cette journée d’idylle romantique ce transforme en situation cauchemardesque, le ciel s’est chargé de grisaille et se vide par averses. Finalement j’accorde un ibuprofène à mon grand malade qui aura moins le mérite de lui diminuer la fièvre et les courbatures.

Après ma séance ukulélé, je pars avec les trois toutous en direction de Castro Verde à travers champs, j’enjambe gaiement les clôtures et gambade avec la mélodie des vers qui rythme mes pensées. J’ai bien l’intention de trinquer au bar pour l’anniversaire de notre départ, avec ou sans compagnie humaine !

Je savais bien qu’en passant dans les rues vêtue d’une robe de gitane, d’un foulard et d’un par-dessus en laine je m’exposais clairement aux jugements des gens, d’autant plus qu’avec trois chiens qui obéissent sans laisse on ne passe pas inaperçu ! Mais je voulais relever le défi de parvenir à dégager suffisamment de bienveillance et de transparence pour que mon apparence passe à la trappe.

 

Laissant mes chiens couchés sur le trottoir d’en face, je pénètre dans l’antre des vieux habitués de comptoir. Dans cette taverne je suis prête à parier qu’aucune femme n’y a jamais mis les pieds ! Je lance à haute voix un « boa tarde » auquel personne ne répond ; si ce n’est un silence brutal et une vingtaine de regards me dévisageant. La situation m’amuse tant que je leur adresse un sourire confiant avant de m’installer à mon aise. Le serveur dépose nonchalamment ma bière sur la table sans daigner m’adresser un regard… petit à petit les hommes s’intéressent à mes chiens, puis osent m’adresser la parole ; je finis par laisser mon bouquin de côté pour bavarder avec les habitués qui ont retrouvé le sourire ! Sans jamais me manquer de respect, on me paye quelques verres et me propose du mouton, on m’intègre simplement à cette ambiance que ma surprenante présence a d’abord troublé. En sortant le serveur m’accompagne dans la rue pour caresser mes compagnons et me souhaiter une bonne nuit… défi relevé, j’ai renversé la méfiance !

 

 

 

-     Lundi 10 mars

 

Benoit peut sortir de son couchage sans trop de douleurs, j’installe correctement les chevaux pour qu’il n’ait pas à s’en préoccuper puis m’éclipse en direction de Castro Verde où j’ai rendez-vous avec les parents de Marlène. Nous sommes tous les trois soulagés de pouvoir partager et réfléchir à son sujet.

Le reste de la journée se déroule à l’hôpital de Faro, entre discussions avec le psychiatre et rares moments auprès de Marlou. Elle est de nouveau au fond de ses yeux et ses paroles ont déjà plus de cohérence, j’apprécie de plus en plus ce docteur même s’il n’est absolument pas ouvert à d’autres médecines et que jamais il ne pourra concevoir notre vision de tous ces déséquilibres. Je ne peux m’empêcher de rire aux éclats lorsque Marlou tape du poing sur la table en affirmant « c’est vous qui êtes malades ! » Si tout le monde marche de travers, il suffit de filer droit pour paraître décalé…

Nous retrouvons le bivouac et Benoit à la tombée de la nuit après une expédition en voiture sur les chemins cabossés. Nous dînons avec Silke et Cyril avant qu’ils ne retournent dormir dans leur minibus.

Je me sens tellement remuée par tant de discussions particulièrement chargées en émotions que j’explose à peine s’en sont-ils retournés, je peux encaisser beaucoup mais lorsque j’atteins mes limites, j’ouvre les vannes des ressentis et les laisse se batailler entre eux dans un tumulte infernal. Je fini par plonger dans un sommeil agité par la tristesse et la colère envers et contre qui ou quoi précisément je l’ignore !

 

 

-     Mardi 11 mars

 

Nous partageons un dernier petit-déjeuner avant qu’ils retournent à Faro et que nous reprenions la route. Pour lever le camp nous prenons beaucoup, beaucoup de temps car nous avons beaucoup, beaucoup d’idées à éclaircir.

Nous garons les chevaux sur la place centrale de la ville le temps de prendre un café et de faire quelques courses. Pour la première fois, Dalù est tout aussi tranquille que ses congénères et reste indifférent aux agitations alentours bien qu’il soit détaché.

 

Pendant que Benoit se charge des courses, je surveille mon petit cirque que les passants observent comme une grande attraction du jour.

Plusieurs gitans insistent lourdement pour vendre, acheter ou échanger des chevaux ! Je refuse les propositions d’un sourire toujours aimable.

Finalement même les visages fermés des hommes rustres finissent par se détendre et chercher le vrai dialogue, puis une femme tente de manipuler ma compassion en me mettant son enfant dans les bras et m’expliquant qu’elle a besoin de mon aide pour lui acheter à manger. Je ne veux d’abord pas contribuer à ce cycle intarissable de la dépendance provoquée par la mendicité mais lorsque je regarde cette femme je ne peux effacer le sentiment que les sous contenus dans ma poche ne m’appartiennent pas plus qu’à elle et fini par lui tendre les quelques pièces qui s’y trouvent…

Deux jeunes hommes accompagnés de trois enfants stationnent leur attelage près de nous par curiosité. Nous bavardons allègrement pendant que j’inspecte l’harnachement de leur cheval, celui-ci semble éteint et las mais ne souffre d’aucune blessure malgré son attelage de fortune. Toutes les sangles ont été astucieusement enveloppées d’une grosse chambre à air de pneu.

Son jeune propriétaire inspecte à son tour mon équipement avant de nous filer un coup de main pour bâter. Son visage inspire la confiance… et pourtant la serveuse du bar nous conseille de rester sur nos gardes puisque ce sont des gitans…

C’est la méfiance qui provoque le délit ! Ces mises en garde racistes rentrent chez moi d’une oreille et ressortent aussitôt de l’autre ! Une armée de gamins se rue sur nous avec la ferme intention d’obtenir un peu de monnaie, il y en a de tous les âges et de tous les milieux. Même la mignonne blondinette se montre farouche. Un garçon gifle le mulet, je ne tolèrerais d’emblée pas leur insolence et ce geste-là était de trop. Je les réprimande en français pour mieux les déstabiliser car mon regard suffit pour leur faire entendre mes intentions : ils s’en vont tête basse et sans autre revendication.

 

En sortant de la ville, Philou grimpe sur un trottoir et contourne un poteau du mauvais côté ; il se braque et tire si fort sur la longe qui le relie à Pequeno que la sangle de ce dernier cède, laissant brutalement la selle se retourner. Nous lui retirons rapidement tout l’harnachement au milieu de la route avant de mettre la troupe en sécurité pour considérer les dégâts.

 

Alors que nous avions l’intention de nous installer dans un bout de friche au bord d’un lac, le propriétaire des troupeaux qui nous entourent s’inquiète de la pagaille que pourrait provoquer notre présence vis-à-vis de ses trois juments que nous avons pour voisines.

Le problème ne me semble pas en être un, je pousse donc la conversation pour lui démontrer mon point de vue et le convaincre de nous laisser passer la nuit ici. Le brave homme se montre compréhensif et souriant tandis que je joue l’entêtée si bien que Benoit me souffle d’écouter sa proposition puisque nous n’avons pas encore dessellé… je cède de bon cœur, car l’homme est régit par de bonnes intentions, il finit même par nous ouvrir un de ses grands parcs où l’herbe abonde ! je m’empresse de m’excuser pour ma ferme opposition qui n’avait pas lieu d’être…

 

 

-     Mercredi 12 mars

 

Encore de grandes discussions qui nous font aller de l’avant tout en ralentissant le pas de la caravane qui tarde un peu plus chaque matin à prendre la route…

Le long d’un bout de route où les voitures et autres véhicules ne connaissent pas le frein, Benoit sature de l’oppression morale d’avoir deux chevaux dans la main et Dalù dans l’autre. Dès que nous optons pour un chemin de terre, j’attache les quatre les uns derrière les autres pour laisser mon compagnon marcher librement. Désormais je fonctionnerai davantage ainsi afin d’éviter qu’il ne subisse trop le voyage en le laissant savourer ces heures de marche face à lui-même. Il s’en va loin devant, musique dans les oreilles et sautille gaiement de sa liberté retrouvée. La mienne se trouve à dos de cheval !

Comme Pequeno ne peut passer derrière Djamila sinon il lui mordrait les fesses par frustration de ne pas pouvoir accélérer, je lui permets de mener toute la caravane à condition qu’il me prenne pour cavalière !

 

Un joyeux papi nous indique un large chemin de terre qui file droit au Nord, entre tous ces champs cultivés nous dénichons une oasis. Quelques encinas majestueux (les arbres du coin) couvrent un paisible recoin prêt à nous accueillir.

Nous allons saluer le jeune homme qui surveille ses vaches et sa jument ; sa timidité retire à sa parole les articulations et distinctions dont nous avons besoin pour le comprendre mais rien n’empêche l’échange : le charmant berger nous observe silencieux puis se joint à notre activité en aidant Benoit à préparer le feu.

J’écoute les deux hommes tenter de converser dans un calme que ma présence troublerait, je reste volontairement à l’écart. Benoit l’invite à dîner mais il s’en va avant que la cuisine soit prête. Son patron vient nous rendre visite, contemplant les flammes avec la même douceur que son employé.

Ce lieu est mystérieusement bavard… la lune me conte ses secrètes histoires où les craintes que je lis sur son visage n’entachent aucun espoir.

 

Après un flamboyant coucher de soleil la nuit n’est plus que murmures, il suffit de bien vouloir tendre l’oreille, les arbres aussi ont leurs mots à dire. L’un d’eux auquel je grimpe me fait remarquer que ma précipitation me rend intrusive, je lui demande pardon et fais la promesse de ne plus troubler la tranquillité des grands sages en imposant ma présence avant même d’avoir été conviée entre leurs branches.

 

 

 

 

-     Jeudi 13 mars

 

L’aube nous embrasse de sa tendresse au réveil, Ben parvient à se hisser en haut du tronc de l’immense encina qui lui dévoile ses réponses sans retenue. Ce lieu est définitivement magique et me plonge dans une joie folle que je ne peux contrôler. Nous le quittons tout de même pour de nouvelles aventures (hihi !) notre chemin traverse un parc dans lequel gambade à son aise un fier étalon. Je tiens les quatre chevaux attachés en file indienne et Ben s’arme de son didge ridoo en PVC pour menacer son adversaire.

Ce dernier n’hésite pas à charger droit sur nous avec témérité, les chevaux se bousculent les uns contre les autres, Philou semble prêt à me renverser avec ses grosses caisses, voir à me piétiner…

Heureusement Pequeno que je retiens de mains fermes continue de me considérer et par sa simple attention épargne ma vie. Car lorsque je réalise que mes deux petits bras ne font pas le poids face à mon troupeau qui galope sur place, une pensée défaitiste me traverse une courte seconde : je vais me faire bousculer et piétiner s’ils s’emballent davantage je ne pourrais pas les retenir, s’en est fini pour moi. Les battements de mon cœur s’accélèrent, je ne vois pas d’issue à cette catastrophe mais je résiste à la panique et m’interdit de lâcher la longe de Pequeno.

Par miracle inespéré, l’étalon prend la fuite suite aux menaces de Djamila la mère protectrice. Le propriétaire nous escorte jusqu’à la sortie avec son tracteur. Ben s’est ouvert le doigt au combat mais le reste de l’équipe est sans dégâts.

 

C’était la bataille avec le boss pour atteindre le niveau supérieur de notre jeu vidéo. Nous imaginons tout un tas de liens entre notre aventure et les quêtes virtuelles en riant de nos propres rôles.

A midi nous devons être localisables car Marlène et ses parents nous rendent visite ! C’est la première fois depuis qu’elle y a mis les pieds que notre amie est autorisée à sortir de l’hôpital une après-midi. Umaïna adresse un coup de pied injustifié à Benoit au niveau de la cuisse, cette vile agression le plonge dans une fureur telle qu’il serait capable d’en devenir brutal mais préfère s’éloigner en lui rétorquant mille insultes.

 

Cyril, Silke et Marlène s’engagent sur le bon chemin et nous retrouvent aisément. Mon ange me lance un vif regard qui me rassure : le traitement ne peut étouffer la profondeur de son être. Les parents ont des mines plus fatiguées après leur séjour dans les couloirs de la psychiatrie…

Marlène salue allégrement un à un les membres de notre petite famille. Nous mangeons, rions, dansons… du haut de son beau Pequeno elle écoute le saut du tremplin que je luis lis. Puis nous sortons le violon brisé pour les derniers adieux… les morceaux resteront suspendus aux branches d’un arbre.

Vers 16h la famille doit reprendre la route pour ne pas trop tarder à retourner à l’hôpital.

Nous marchons encore deux heures pour digérer ces flux d’émotions qui nous assaillent, le seul coin de bivouac possible ne présente qu’une herbe rase et pas une goutte d’eau ! Je m’en vais en direction du village que nous apercevons au loin au trot sur le brave mulet pour y remplir la poche à eau. J’en reviens bredouille puisque le village était bien trop loin, mais cette expédition nocturne m’a enchanté.

 

Benoit est ahuri par l’intensité de cette journée ! De l’extase pure à la colère en passant par toutes sortes d’états d’âme…

On se lève à l’aube en se demandant si à force d’être plus heureux chaque jour, on finira par caresser les étoiles puis on tombe à la renverse d’avoir osé prétendre au ciel.

 

 

-     Vendredi 14 mars

 

Un grand chemin qui file droit entre les cultures bourrées de pesticides. Nous profitons d’une charmante oasis où les oiseaux mêlent leurs chansons du haut des arbres pour se rafraichir dans la rivière. Les journées sont de plus en plus chaudes et je m’adapte difficilement à la chaleur.

Notre bivouac en friche est loin d’être idéal mais un calme absolue y règne.

Benoit : « bah tu vois, ça arrive parfois une journée tranquille où on ne trouve pas grand-chose à en dire ! » heureusement que ces journées-là viennent équilibrer la balance sinon on exploserait de bouillonnement intérieur…

 

 

-     Samedi 15 mars

 

Le temps d’un petit café en terrasse en fin de matinée, une dame est attirée par la présence de ces quatre chevaux immobiles sur la place, reliés les uns derrière les autres. Nous bavardons un peu et de suite elle va nous chercher du pain puis nous donne rendez-vous dans le prochain village où se trouvent ses propres chevaux.

 

La détente du week-end se ressent dans les rues et se lit sur les visages des passants. Les trois femmes de la table voisine chantent des airs portugais à l’enfant qui pleure. Nous tendons explicitement l’oreille et recevons chaleureusement de bonnes fraises sucrées.

 

Au village suivant, nous avons rendez-vous au café également… ce qui n’est pas pour déplaire à mon compagnon ! Maria finit par nous rejoindre et nous payer l’apéro avant de nous diriger par chez elle.

Son visage est rude mais le fond de ses yeux regorge de douceur, peu de mots suffisent à nous révéler que nous sommes sur la même longueur d’onde à certains niveaux. Nous lui promettons de lui adresser une prière lorsque nous serons à Santiago.

 

Nos quatre saucisses sur pattes sont lâchées dans le terrain herbeux de la propriété et nous disposons de ce précieux et rare temps où nous nous permettons de ne rien faire d’autre qu’avaler le soleil. Dalù comme à son habitude est fou amoureux de tous les chiens du coin… Maria s’active entre jardin et soins à ses chevaux ; elle ne tient pas en place une seule minute. Une véritable boule de nerfs en action !

A la tombée de la nuit, Maria et ses deux amis décident d’allumer un feu en notre honneur sur les pavés d’une grange. Nous récoltons du bois que nous déposons en tas, Maria le recouvre d’essence et hop ! On ne connaissait pas plus efficace pour un feu de camp. Bien que la technique néglige maladroitement l’apprivoisement naturel des flammes, elle me fait beaucoup rire et illustre parfaitement le tempérament de notre hôte. Nous perdons vite le sens des conversations en portugais mais je ne relâche pas la concentration afin de discerner les conjugaisons, la construction des phrases… après un modeste dîner/casse-croûte Maria nous paye un café dans un autre village accompagné d’un… GATEAU AU CHOCOLAT ! Un rapide tour à sa maison pour prendre une douche et Maria trouve une multitude de choses à nous offrir.

Nous finissons la soirée autour de notre drôle de feu avec une bouteille de vin qui semble rendre notre portugais plus compréhensible !

 

Maria souhaite dormir par terre avec nous, elle a exprès ramené des couvertures. De tout mon voyage c’est bien la première femme de 45 ans qui se prend au jeu.

 

 

-     Dimanche 16 mars

 

Aux premières lueurs du jour je distingue Maria endormie sur une chaise près du feu, elle a dû passer une nuit terriblement désagréable !

Mes premières pensées me plongent dans une grande tristesse : je me fatigue à harnacher, mener, soigner quatre chevaux sans savoir pour combien de temps, sans savoir quand Marlène reviendra.

 

Ben m’aide pour les gestes du quotidien qui concernent le moins possible la gérance des animaux puisqu’il n’est pas encore adapté à ce « vivre ensemble ». Là, j’ai conscience que le troupeau et la meute sont beaucoup trop nombreux pour quelqu’un qui découvre la vie commune avec eux. Diverses raisons techniques également, comme par exemple le matériel toujours imparfait de Philibert, me pousse vers une seule et même décision… je vais laisser mes juments chez Paulo à Campo Maior et continuer avec les deux autres pour les ramener vers la France. De cette manière Marlène pourra finir son périple avec ses compagnons de route. La séparation affective avec mes deux fidèles coéquipières risque d’être douloureuse, même si ce n’est que pour 5 mois. Cependant, depuis quelques jours déjà, j’ai l’impression que nous avons accompli ce qui miroitait devant nous tant d’années… j’y ai trouvé ce que je cherchais et bien plus encore.

 

Djamila et Umaïna ont mérité leurs vacances… en septembre je serais de retour à Campo Maior !

Aujourd’hui nous tournons beaucoup en rond car les chemins sont fermés par des clôtures infranchissables, nous optons finalement pour le goudron chaud qui use excessivement les coussinets, et tout particulièrement ceux des grosses patounes de Dalù…

Les tiques et autres parasites sont de retour en masse ! Je trouve sincèrement des avantages au grand froid.

 

Lune rousse, je l’entends me héler alors que je prépare la cuisine, une envie incontrôlable me prend d’aller gambader dans la prairie sans se préoccuper des exigences routinières.

 

 

 

-     Lundi 17 mars

 

La route, encore l’asphalte morne et lassant qu’aucun chemin ne nous permet d’éviter.

 

 

-     Mardi 18 mars

 

Les coussinets du gros chien noir sont usés jusqu’au sang. En 15 minutes chrono je lui confectionne des chaussettes qui lui tiendront au moins la journée.

Benoit est éreinté : entre Dalù qui aboie, le sol cabossé et Romane qui lui ronfle dans les oreilles… autant dire que la nuit ne fut pas glorieuse.

 

A l’entrée d’Alcaçovas nous nous installons sur un terrain public inattrayant, je passe un coup de téléphone à Paulo pour l’informer de la situation. Il répond sans hésiter « où es-tu ? J’arrive demain avec le camion ! » Je ne doutais pas que je pouvais compter sur lui. L’enchainement aussi rapide et imprévisible des évènements me bouleverse.

 

Demain notre Grand Rêve s’achève, et commence une nouvelle aventure que je mènerais pour mon amie.

 

Romane

Publié le 07-04-2014