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Guide pratique du tourisme équestre en Alsace

Guide pratique du tourisme équestre en Alsace 2017
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Observatoire socio-économique du tourisme équestre en Alsace

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Carte des circuits de randonnée équestre en Alsace:

Carte des circuits de randonnée équestre en Alsace

Infos diverses

Le voyage de Romane, de l’Alsace au Portugal, Lettre n°38

du 8 au 14 février

-     Samedi 8 février

 

Nous passons une agréable journée à papoter, se marrer, faire de la gymnastique de canapé pour Romane ;) dans le salon de Javier. Le feu crépite et la pluie clapote sur le toit ; Benoit et moi créons des pochoirs pour décorer l’affreuse bâche bleu piscine de Philou. Romane et moi avions recopié des motifs d’azuléjos dans l’Alcazar de Séville. Légèrement arrangés ils forment une frise parfaite pour le k-way de ce cher Philibert ! Nous passons la soirée à danser la bombe à la main sur de la musique transe dans le garage de Javier ; de vrais jeunes !

 

 

-     Dimanche 9 février

 

Nous partons sous une pluie torrentielle que pousse un vent puissant. Aujourd’hui je marche pieds-nus nous sommes sur des pistes de sable et cela m’amuse beaucoup de sauter dans les flaques ! Je suis en petite jupe et je me mouille allègrement me fondant dans les éléments avec joie. La journée pour moi passe en vitesse, Marc est trempé et il a froid. Romane et Benoit supportent bien. Le destin ne nous oublie pas : en fin de parcours, au milieu de la pampa pineuse, une voiture fait un détour et le chauffeur nous invite à passer la nuit dans une grange à deux pas de là. Il a des chevaux et nous donne une quantité excessive de grain alors que nous nous inquiétons de l’herbe sur broutée rencontrée partout. Nous sommes à l’abri de la tempête avec un immense feu, ce qui nous permet de sortir nos instruments. Nos hôtes nous offrent une soupe de poulet bien chaude, miam !

 

 

-     Lundi 10 février

 

Ce matin, le soleil brille ! Nous marchons en petit pull à travers de belles forêts de pins d’eucalyptus et mimosas en fleurs. J’ai une pensée pour ma grand-mère qui aime tant ces arbres-là. Nous faisons une longue pause de midi au croisement des chemins pour attendre la mère de Romane que Javier est allé chercher à l’aéroport de Séville. Je fais de la danse Butô, fondue dans le sable, le vent et le soleil… je me laisse guider par la musique de la nature jusqu’à ce que de douces notes viennent me porter. Marc a sorti son steel drum.

Djamila s’approche et je danse avec elle ; ce que cette jument est douce, finalement Nana et Javier nous rejoignent un peu plus tard sur le chemin. Les retrouvailles sont fusionnelles entre la fille et sa mère, je suis curieuse de découvrir la Bernadette dont on m’a tant parlé. Nous quittons Javier sur une promesse d’au revoir d’ici Santiago. Nous trouvons une grande friche près d’une rivière boueuse pour bivouaquer cette nuit.

La vue porte sur une carrière, c’est réjouissant, mais considérant que nous sommes aux abords de la banlieue de Huelva c’est une grande chance de rencontrer un tel lieu. Benoit et moi allons nous promener et chercher du bois dans la charmante forêt de pins voisine. Des rayons de soleil lèchent mon visage tandis que je sens les picotements des épines sous mes pieds nus. Je me sens pleinement là, vivante et sereine alors que le petit lutin qu’est Benoit pousse des petits cris joyeux en sautillant dans cette campagne sylvestre. Nous passons une belle soirée ensemble autour du feu à échanger sur la signification de la direction de la fumée… Nico disait que si la fumée te poursuit, c’est que tu dis des bêtises ! Haha !

 

-     Mardi 11 février

 

Au premier village nous attachons nos chevaux devant un magasin d’équitation qui revend également des produits vétérinaires. J’y fais le plein de vermifuge pour les juments de Romane et achète une longe plus longue pour faire office de rênes à Pequeno. Je discute joyeusement avec les clients et les deux sympathiques vendeuses, l’un d’eux revient tout juste d’un stage au cadre noir. J’ai beaucoup d’admiration pour la haute école et pourtant, c’est lui qui me regarde avec des yeux ébahis lorsque j’explique notre quotidien (monter la tente chaque soir, trouver un lieu de bivouac, se laver à l’eau froide dans les rivières…) « Qué va lientes ! », nous répète-t-on si souvent. Je vois la flamme de l’aventure s’allumer dans leurs yeux, ce que c’est bon de pouvoir partager cela !

Par la suite, nous nous voyons obligés de suivre une départementale très fréquentée sur plusieurs kilomètres. C’est éreintant et nous sommes tous un peu sur les nerfs ; de plus, j’ai besoin de tranquillité. Lorsque nous nous écartons de la voie pour aller pique-niquer dans un champ je m’en vais manger seule sous un arbre. Là je m’apaise, je me ressource, je me rencontre… je suis bien.

L’après-midi n’est guère plus réjouissant : une fois la route quittée nous évoluons entre des monocultures. Je dis à Benoit « Il n’y a pas d’âmes ici » « Si ! Regarde ». Il me montre du doigt de petits tas de pierres entre deux champs semés. Cela me fait penser à une BD de mon père où les lutins cachent ainsi leurs demeures aux yeux des hommes. Je me réjouis à l’idée que cette énorme réalité en recouvre certainement bien d’autres plus appréciables. Marc parlait hier soit de « multivers » plutôt que « d’univers ». Au milieu de ce néant, alors que la luminosité baisse sous les nuages gris qui nous assaillent, des écuries sales où des chiens aboient. Nous rencontrons des gitans qui nous font don d’une botte de paille. Ils nous proposent un paddock boueux, impossible d’y planter des tentes. Plus loin, nous nous installons sur un terrain à vendre où une maison abandonnée en début de construction nous abrite. Les chevaux ont quelques brins d’herbe à grappiller.

 

 

-     Mercredi 12 février

 

Nana semble ravie d’être avec nous, elle avance vaillamment le sac de randonnée sur le dos. Nous traversons de nombreuses flaques qui noient le chemin sur plusieurs mètres. Nos chevaux s’y engagent paisiblement, sans aucune hésitation. Dalù suit bien mais n’écoute pas lorsqu’on le rappelle au pied ; alors que nous nous approchons d’un troupeau de moutons, il fonce sur eux et les disperse en aboyant. Le berger est désemparé, Benoit se lance à sa course mais il gambade en tous sens. Je bondis de Pequeno et sprinte droit sur lui, le jeune chiot fou s’arrête, je l’attrape et le félicite d’être resté immobile. C’est une drôle d’épreuve que de le congratuler alors qu’il vient de faire une grosse bêtise mais selon Romane c’est ainsi qu’il faut procéder. Je n’en sais rien alors je me fie à ses connaissances, Benoit quant à lui est exaspéré, à bout de patience. Je marche avec Dalù en laisse jusqu’à ce que nous nous soyons éloignés du cheptel.

Un merveilleux arc-en-ciel nous surprend en installant le bivouac, nous sommes dans un joli coin de nature sauvage, c’est beau et apaisant. Nous discutons jusque tard près du feu, je me sens en famille avec ces gens-là, Merci, c’est si bon…

 

 

 

 

-     Jeudi 13 février

 

Mes pieds s’enfoncent avec délice dans le sable, quelle aberration que de mettre des chaussures. C’est un pansement à la bêtise de construire des sols inadaptés à notre morphologie. Désormais, en dehors des villes et tant que les chemins ne seront pas cailloutés, je me promènerais sans souliers (clin d’œil à notre ami québécois ;) !)

Notre bivouac est idyllique, entre des cerisiers en fleurs sous une douce brise, un bon feu, le chant des grillons et des grenouilles… l’herbe est tendre le long de la rivière. De nuit, silencieuse, je vais rendre visite à nos compagnons poilus ; je m’arrête à quelques mètres de Pequeno, il tend les oreilles s’avance jusqu’à moi et souffle : « bonjour ! »  Hihi ! Je lui réponds de la même façon.

Il m’observe un instant et renâcle, cela signifie qu’il est détendu en ma présence, je suis touchée. Je marche à pas discrets jusqu’à Djam, elle tourne la tête, je n’insiste pas.

Philou fait un pas vers moi puis se ravise et va brouter ailleurs. Uma dort profondément et ne me remarque même pas, je passe mon chemin et reviens parmi les humains dans la lueur des flammes. Nous chantons « Terre rouge, terre de feu… Terre, Terre, terre de Lumière, terre rouge sous le ciel bleu !... » La Roumanie, Margo, Orianna, Elisa, Silke ; Cyril revivent en moi avec émotion…

 

 

-     Vendredi 14 février

 

La voie verte traverse le fleuve par un pont de fer que nous ne pouvons emprunter. Nous décidons de faire un détour par la forêt en espérant pouvoir la rejoindre plus loin. C’est un coin sauvage que sillonnent des sentiers de terre battue, c’est superbe, on se sent vraiment au cœur de la nature. Devant moi, le petit lutin qu’est Benoit évolue dans son élément ; malheureusement j’ai un terrible mal de tête à cause de mes dents de sagesse qui poussent et cela me rend irascible, la moindre contrariété m’insupporte. Comme pour mettre à l’épreuve pour la première fois du voyage, la selle de Pequeno tourne, il me faut une grande patience pour le déshabiller et re-seller entièrement dans le calme avec l’aide efficace de Romane. Le seul moyen de rejoindre la voie verte est de traverser le fleuve par l’autoroute !!! Nous rebroussons chemin, nous croisons un papi, je lui demande par quel moyen se rendre à Ayamonte en évitant de pont de fer et les routes. Lui se promène jusqu’à Lepé à travers bois. Il me propose de le suivre ! Quelle providence ! Je discute avec ce sympathique bonhomme qui ma fois marche d’un bon pas !

A Lepé, il tient à nous accompagner faire nos courses et nous quitte seulement à la sortie de la ville, quand nous nous arrêtons pour pique-niquer. Il est tard, l’équipe a faim, très faim ! Une femme et sa petite nièce de deux ans s’approchent de nous, curieuses. La petite s’amourache de Dalù, ils se font de longs câlins trop mignons. L’après-midi passe tranquillement, cette piste est agréable. Nous nous arrêtons auprès d’un gymnase, Marc et moi allons y chercher de l’eau et mon ami a la merveilleuse idée de demander un ballon de basket ! Et c’est parti pour le jeu ! YAHOO ! Ce que c’est bon de dribler, shooter, marquer ! On s’amuse comme des petits fous. Romane nous rejoint vite, Fennec aussi qui effectue toute folle des tours et des tours de terrain à toute berzingue ! Cette chienne est géniale ! Nana est terrifiée de constater que nous avons encore tant d’énergie à dépenser. Benoit réalise un joli cercle de Land’Art pour le feu, c’est un bivouac confortable : nous sommes assis sur des bancs face à des marais, les chevaux broutant près de nous. Les crapauds croassent, la clarinette chante, je danse.

 

 

Marlène

Publié le 22-03-2014