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Guide pratique du tourisme équestre en Alsace

Guide pratique du tourisme équestre en Alsace 2016
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Observatoire socio-économique du tourisme équestre en Alsace

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Carte des circuits de randonnée équestre en Alsace:

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Infos diverses

Le voyage de Romane, de l’Alsace au Portugal, Lettre n°33

du 5 au 9 janvier au

-     Dimanche 5 janvier 2014

 

L’agitation des fêtes et de nos petites vacances en sédentaires m’a fait prendre beaucoup de retard sur l’écriture du journal je vais donc essayer de résumer ces deux dernières semaines.

 

Le 24 décembre Paulo est allé chercher Gwladys à l’aéroport de Lisbonne, venue tout droit du Maroc où elle travaille à répandre les pratiques de l’équitation éthologique dans tout le pays. Je ne l’avais jusque-là que peu fréquenté et ne demandait qu’à la connaître davantage !

Grâce à la grande ouverture d’esprit de Gwladys, des liens d’amitiés parviendront à se tisser entre le portugais attaché à sa tradition et le marginal aux longues dread locks. Et petit à petit nous découvrirons l’extrême richesse de la personnalité de Paulo dissimulée sous sa carrure de rustre paysan. Il possède une grande tolérance et un art de penser bien plus libre que les conventions qu’il croit maintenir. De plus il n’a pas cessé de nous surprendre par ses nombreuses attentions qu’il nous témoigne tout en feignant le détachement… avec Gwladys ce fut une complicité immédiate et d’interminables soirées bavardage à suivre des propos fascinants.

Nous nous sommes beaucoup reposés, détendus, retrouvant le plaisir que nos compagnons à crinière nous saluent gaiement et réclament de longues séances de gratouilles… entre Nico, Marlène et moi l’atmosphère a pu également se décontracter nous permettant ainsi de renforcer nos liens. Sans la rigueur et les exigences de la route nous étions dans une attitude plus sereine pour se livrer et s’écouter les uns les autres. Nous étions tout simplement heureux d’être amis malgré nos nombreuses divergences et nous prenions le temps de débattre de nos opinions. Et par-dessus tout, Marlène est sortie du silence qui l’écrasait, le soir où nous dansions parmi les gitans, elle m’a avoué son caractère dépressif, son bonheur feint, son sourire et son apparente légèreté destinés à me protéger. Elle attendait que ce merveilleux voyage apaise sa tristesse avant de partager sa véritable vue intérieure avec moi. Elle se sentit immédiatement soulagée d’un énorme poids et je l’écoute me conter sa vie dont j’ignorais presque tout jusqu’à ce que le jour se lève… à partir de cet instant elle a eu un besoin urgent de tout me dévoiler sans retenue et surtout de creuser tout un tas d’idées et de problèmes qu’elle gardait dans l’ombre et chaque journée fut chargée de découvertes et d’émotions intenses, même sa relation avec Fennec se délia et devint plus sincère, elle réalise brutalement les grandes illusions de sa relation avec ses deux autres quadrupèdes. Lors d’un charmant dimanche où nous nous rendions à cheval et en calèche au lac sous le soleil portugais, Marlène prit peur en prenant soudainement conscience de son manque de contrôle, elle comprit que n’étant pas réellement connectée à sa monture elle n’était rien de plus qu’un bagage. Cette violente désillusion l’entrainant dans une colère lui permit de commencer à chercher la vérité, à tendre vers plus de justesse.

Ce fut d’ailleurs une belle journée où Nico montant le mulet, Marlène son Pequeno et moi Djamila à cru. Nous suivions Gwladys et Paulo avec les deux braves poneys attelés jusqu’au lac où Marlène et moi sautons à l’eau et nageons agrippées à leurs crinières. Comment ne pas se sentir vivant en laissant le soleil de décembre nous sécher la peau dans la fraicheur hivernale ? Gwladys nous fit ensuite un cours destiné à nous livrer les bases de la compréhension de cet animal qui demeure trop souvent inconnu aux yeux de ceux qui pourtant s’en occupent…

Quand mon frangin, Raphaël, Elsa et Sarah débarquent nous nous installons dans une autre Finca à 5km de la casa de Paulo. Il s’agit d’une grange habitable sans eau ni électricité où Antonio, son employé, est logé. La météo annonce une semaine de pluie, nous ne prendrons donc pas le risque d’achever le moral de la troupe en leur faisant subir les joies du bivouac mouillé. Ça me gêne un peu d’envahir l’espace vital d’Antonio mais le feu de cheminée rassure les vacanciers !

 

 

-     Jeudi 9 janvier

 

Ils ont retrouvé notre Alsace natale hier en survolant à une vitesse inconcevable les kilomètres qui nous séparent. Ce fut une semaine magique, un stage d’amour et de simplicité dirait Elsa.

Nous vivions au rythme de fiesta, aux heures folles de la nuit ; ce fut pour nous simples marcheurs, l’abondance et l’illimité. Et pour nous tous, étudiants compris, un formidable lâcher-prise entre soirées au bar autour de la table de billard, soirées à chanter autour du feu et tous ces moments où la guitare était reine… nous transformions nos idées, nos pensées en improvisations vocales où tout simplement nos rires. Il y a eu les bars dansants ou bien le camion garé, devant la grange avec musique à fond pour nous entrainer sur les rythmes du pays LA DANSE oui la danse.

Et puis il y a eu ces matins où une petite bande de nanas se lavent avec des seaux d’eau de pluie ; qu’il est bon de partager des gestes si simples en parfaite insouciance ! Ma gêne vis-à-vis de notre invasion dans une propriété qui n’est pas la mienne s’est vite envolée puisque Paulo et Antonio semblaient ravis de se fondre dans cette ambiance d’artistes délurés.

Lorsque la pluie cessa, chacun se précipita dehors dès le réveil pour honorer le retour du soleil. Il faisait bon et sans même se soucier de préparer un petit-déjeuner où je ne sais quelle autre nécessité nous dansions pieds nus dans la terre au son des 6 cordes que les mains de Marlène, Nico, Jonas, Sarah ou bien Elsa savent si bien faire résonner.

Nous partons en balade avec les 4 chevaux à cru que nos amis montent tour à tour. Paulo vient également avec sa fille qui tente en vain de monter Djamila sans rênes… ayant vu quelques photos, elle voudrait faire de même mais malheureusement la jument semble plus préoccupée par l’herbe bien grasse que ses sabots piétinent plutôt que par la jeune cavalière qui lui demande d’avancer.

Paulo nous parie deux bières si l’on traverse une large rivière en crue puis nous oblige à faire demi-tour lorsqu’il comprend que nous n’hésitons pas à relever le défi. Il nous avoue alors que l’eau est si profonde et le courant si fort que nous nous mettrions en danger. J’ai une telle confiance en lui que je pensais vraiment qu’il nous proposait quelque chose de réalisable. Cela renforce encore cette confiance puisqu’en exigeant que nous fassions demi-tour il refuse de nous envoyer vers le danger.

Le lendemain nous nous rendons à la bibliothèque de Campo Maior avec la jolie caravane que nous garons sagement sur une place publique. Lorsque nous repartons le jour a déjà trop diminué et la policia insiste pour nous mener à notre Finca, nous éclairant avec les phares de la voiture.

 

Un matin le troupeau s’est échappé dans de vastes prairies, les amis continuent de dormir pendant que Raphaël et moi partons à leur recherche. Cette petite expédition matinale me replonge dans les sensations palpitantes du voyage, j’ai l’impression de retrouver mon coéquipier avec qui j’ai tant apprécié partager la route. Je le contemple du haut d’une colline se fondant paisiblement entre ces êtres que le voyage lui aura appris à aimer. L’image est belle.

Les liens furent naturellement forts entre mes amis et mes compagnons de route, une vraie famille ! Nous passons la dernière nuit en leur compagnie à Badajoz et jouissons d’un amour débordant les uns envers les autres… a 6h00 du matin un bus les emporte et nous nous retrouvons au même endroit que nous les avions attendus il y a 8 jours. Le rêve prend fin là où il a commencé, Nico n’a pas réussi à s’adapter au froid, il décide alors de s’en aller également. Il prendra un avion pour le Maroc et se requinquera au hammam…

La nouvelle énergie de Marlène aura eu raison de sa patience ; il ne pense plus avoir sa place parmi nous et préfère s’éclipser, je ne m’en inquiète pas car je sais que nous nous retrouverons…

Sur les bancs de la gare routière nous synthétisons nos rapports au sein de l’équipe et nous adressons en toute sincérité nos critiques et compliments les uns envers les autres. Nous aurons beaucoup appris de ces échanges sur la cohésion sociale.

 

Marlène et moi prenons un petit-déjeuner typique dans un bar avant de nous séparer, chacune à ses occupations en ville. Je m’endors en marchant, lâchant à plusieurs reprises les sacs que je tiens dans les mains, je tente en vain deux heures de stop puis reprends un bus vers le centre-ville. Je m’endors sur l’épaule de ma voisine puis tente de me ressaisir ! J’attends Marlène longtemps devant le magasin bio où elle voulait faire quelques courses mais celle-ci n’arrivera jamais.

Paulo vient me chercher, m’invite au restaurant puis me laisse sa chambre pendant qu’il retourne au travail. Lorsque je me réveille il fait nuit et je suis seule dans la maison, j’aimerais profiter de la douceur de la couette et des oreillers mais je suis bien trop préoccupée, Marlène a-t-elle réussi à rentrer ? Finalement nous la retrouverons endormie dans la grange d’Antonio. Nous dînons tous ensemble et heureux d’être ensemble après ces petites frayeurs !

 

Romane

 

Publié le 23-01-2014