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Guide pratique du tourisme équestre en Alsace

Guide pratique du tourisme équestre en Alsace 2017
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Observatoire socio-économique du tourisme équestre en Alsace

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Carte des circuits de randonnée équestre en Alsace:

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Infos diverses

Le voyage de Romane, de l’Alsace au Portugal, Lettre n°29

du 19 au 25 novembre

-     Mardi 19 novembre

 

Après une inévitable grasse matinée, nous sellons en musique : Flo nous fait l’honneur de sortir sa flûte traversière ! Les adieux durent mais nous nous quittons avec une promesse de retrouvailles avant la fin du périple. Ce n’est qu’en début d’après-midi que nous regagnons notre chemin trop imprécis, après 2 heures de marche nous retombons à deux pas de notre point de départ. Enervés et sous la pluie battante nous empruntons au hasard un chemin qui nous mène tout droit dans la bonne direction : Matabuena.

Lorsque je remets pied à terre, mes pieds me font tant souffrir que je dois retenir mes larmes. Ces derniers jours, mes mains ont gonflé et mes articulations sont devenues très douloureuses. On nous prête volontiers un pré ainsi que la salle communale pour passer la soirée au sec. Il y a de la place pour étendre toutes nos affaires et de l’eau chaude au robinet ! je hais l’humidité et suis ravie de manger les fesses sur une chaise. Nous profitons du confort pour quelques améliorations du matériel et de la lessive à la main.

 

-     Mercredi 20 novembre

 

Nous parvenons enfin à avancer sans trop d’égarements, j’en avais assez de souffrir des intempéries pour tourner en rond ! A la nuit tombante, nous nous trompons tout de même d’itinéraire puisque le chemin est fermé par une clôture infranchissable. Nous rebroussons donc chemin jusqu’au village précédent où un vieillard au regard particulièrement doux nous explique que la véritable Canada se situe juste au-dessus, un peu plus haut dans la montagne.

Un couple formidable nous accueille, ils nous ouvrent la salle communale et dénichent un parc à nos routards pour finalement nous inviter à dîner, à mettre notre linge en machine et enfin à dormir dans un super lit. Leur maison est admirable, ils font preuve de beaucoup de goût, la cuisine est délicieuse et l’hospitalité incontestablement chaleureuse et conviviale. Ils invitent deux amies pour partager notre présence, je constate alors mes progrès en espagnol : quasiment rien ne m’échappe dans la conversation et je n’ai pas tant besoin de me concentrer. Marlène, assise contre la cheminée, met beaucoup de temps à se réchauffer, la journée, le vent est si terrible que nous ne montons quasiment pas sur nos chevaux.

 

-     Jeudi 21 novembre

 

Je ne suis pas faite pour les horaires espagnols, ici 7h00 semble bien trop tôt, j’attends pendant une heure avant d’entreprendre du bruit dans la maison. Un petit déjeuner de princesse nous est servi avec des confitures faites avec les fruits de leur jardin. Le caractère affirmé des femmes de ce pays me fascine. Quand une espagnole rentre dans une pièce, c’est une tornade qui renverse l’espace. Nos hôtes plein de tendresse nous gâtent encore de tout ce qu’ils trouvent dans leur cuisine…fromage, fruits, légumes…et nous préparent une bonne tortilla pour la pause de midi. Pour une fois, l’homme participe aux tâches ménagères ! J’en suis agréablement surprise. Encarna et Emilio ont fait le nécessaire pour nous dénicher l’étape de ce soir, ils ne parvenaient pas à envisager que nous cheminions à l’improviste. Nous avons donc un contact tout près de Ségovia, à Palozuelos.

Aujourd’hui, interdiction de se perdre. Heureusement, la Canada est parfaite : un chemin de terre et d’herbe qui file droit vers le sud-ouest, entre la haute-montagne et le bas plateau. Du haut de notre pampa, nous distinguons dans les reflets du coucher de soleil, la majestueuse cathédrale de Ségovia.

Lorsqu’Alberto nous indique un petit jardin clôturé au beau milieu du village, nous sentons monter la déception du plan pourtant si bien prévu. Finalement tout finit par s’arranger puisque celui-ci avait préparé du foin et du grain pour les poilus et nous invite à manger dans son bar favori, soirée tapas et tortillas en pleine ambiance espagnole ! il est fière de présenter ses deux aventurières à toute la compagnie puis refuse de nous laisser camper dans le froid et nous invite chez lui. Nous nous retrouvons donc blotties dans le canapé, devant la télé avec une montagne de petits gâteaux et une tasse de chocolat chaud. Couverture sur les genoux, il nous ordonne de rester à notre aise et prend soin de nous comme de vraies princesses. Nous avons tout de même monté la tente pour les chiens qui nous manquent.

 

 

-      Vendredi 22 novembre

 

Marlène et moi dormons dans deux chambres séparées, je passe 2 heures à me tourner et retourner tristement dans mon lit en attendant que le reste de la maison s’éveille. Cette solitude est désagréable, j’ai hâte de retrouver mon troupeau !

Alberto nous prépare le desayuno avec plaisir, il semble ravi d’avoir de la compagnie chez lui, nous rejoignons la troupe pour s’affairer à quelques réparations avant de partir à pied visiter Ségovia avec les toutous. A 13 heures, le train de Nico arrive en gare ! il avait imaginé tout un moyen de me faire la surprise…contacté ma mère pour savoir où me rejoindre puis passé trois jours à nous attendre en bivouac sur la Canada ! Il avait malheureusement un peu anticipé sur notre avancée et n’en pouvait plus de patienter dans le froid… il a tout de même fini par me téléphoner pour nous retrouver plus facilement, et le voilà !

Les bavardages fusent tant que nous passons des heures à faire nos courses, petite visite nocturne de la cathédrale avant de prendre le dernier bus pour Palazuelos. Comme partout en Espagne, les chiens sont refusés et Marlène se dévoue pour une marche de nuit. Nico et moi faisons passer les chevaux dans un autre parc pour qu’ils profitent d’une meilleure herbe. Umaïna prend un plaisir fou à galoper à vive allure, la queue en panache et la tête haute, telle une arabe dans son désert natal. Beau spectacle qui finit avec tendresse lorsqu’elle revient vers moi d’un air complice. Belle soirée de retrouvailles qui se finira tard dans la nuit, a présent, la famille vagabonde est au complet.

 

 

-     Samedi 23 novembre

 

Le ciel est toujours aussi bouché mais Nico est tout heureux de réintégrer la vie nomade et s’adapter au rythme de notre caravane. Dans de grands discours nos idées s’affrontent et se complètent pour redessiner sans cesse un monde infini qui se veut changeant et sans aucune prétention de vérité absolue. Nous marchons jusqu’au crépuscule pour atteindre la rivière, la neige a un peu fondu, il fait nettement moins froid. Un traditionnel bivouac autour du feu s’impose, j’enveloppe Djamila dans une bâche pour la maintenir au chaud. Elle a un peu toussé ces derniers jours et je la sais plus fragile que les autres à cause d’une ancienne bronchite d’un hiver précédent.

 

 

-     Dimanche 24 novembre

 

Nuit agitée, en dehors du fait que Hari me pousse de mon propre matelas, les chevaux ont fait du grabuge. J’entends Uma héler ses congénères, j’écoute attentivement mais n’entends aucun hennissement de la part de Pequêno (ce sont les deux que nous suivons attachés), j’en déduis vite que ce dernier s’est détaché et s’en va sans scrupule avec les deux autres libres. Je me lève donc sans plus attendre pour l’attacher à un arbre plus solide que le précédent. La Canada est si parfaite que Marlène tente pour la première fois de laisser son cheval pied nu ; il marche d’un bon pas.

A Otero de Herreros, il est encore tôt mais nous craignons de bivouaquer au bord de la nationale, car notre chemin va longer celle-ci sur plusieurs kilomètres. Nous demandons donc l’hospitalité dans un restaurant, le maire peut nous procurer un parc et une salle communale mais il nous faudra attendre son retour. Nous prenons donc un chocolat chaud au bar, laissant les chevaux débâtés et attachés dehors. Le chef nous gâte à plusieurs reprises, d’abord du pain, puis des fruits et enfin du chocolat ! En revanche, son serveur ne semble pas enchanté de notre présence. Nous surprenons une conversation où il explique à un client que nos chevaux sont maigres, que nous les forçons à marcher sans fer et que nous les utilisons dans l’intérêt de provoquer la pitié pour ne rien payer. Un jugement aussi infondé me mets en colère mais je ne me juge pas assez à l’aise avec la langue pour contester haut et fort. Maigre, celle-là on ne me l’avait jamais faite ! En 8 mois de voyage, je n’ai pas resserré les sangles d’un seul trou !

Lorsque le bar ferme nous regagnons le centre du village mais le maire n’est toujours pas de retour, nous laissons les chevaux brouter dans un parc public et patientons deux heures dans le froid en dansant le madison à la lueur des lampadaires. Drôle de soirée mais les rires chassent l’ennui et réchauffe nos cœurs. Finalement, nous sommes installés dans une pièce chauffée et les chevaux sont gavés de grain et de foin, pas d’eau chaude au robinet, il faudra serrer les dents pour se laver…

 

 

-     Lundi 25 novembre

 

L’alcool à bruler que nous venons d’acheter brûle très timidement, je mets une heure à préparer le petit-déjeuner, lorsque nous reprenons la route, le soleil est déjà bien haut dans le ciel, ce qui signifie également que l’épaisse couche de nuages s’est enfin dispersée ! Nous galérons assez longtemps dans la zone urbaine de Los Angeles de San Rafael avant de retrouver notre pampa sauvage et une belle vue sur la sierra enneigée. Une chienne nous suit durant toute l’après-midi, elle fait preuve de bon caractère et semble parfaitement heureuse de vagabonder avec la troupe, nous refusons de l’adopter pour de multiples bonnes raisons et essayons en vain de la chasser ou de l’ignorer… un coin de bivouac idéal nous incite à nous poser de bonne heure : une herbe bien grasse, des tas de bois mort et une jolie petite rivière.

 

 

Romane

Publié le 02-01-2014